L’écrivain David Diop est habité par deux histoires : celle du Sénégal et celle de la France, qu’il évoque dans ses romans, avec comme toile de fond le siècle des Lumières, la Grande Guerre, ou encore l’Exposition universelle de 1889.

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  • David Diop Écrivain, maître de conférences en littérature à l’Université de Pau

Fou d’histoire, pour donner la parole à ceux, à celles, qui ne sont pas historiens, pas historiennes, mais qui réfléchissent à la transmission du passé et de la mémoire. Où se trouve La Porte du voyage sans retour ? Qu’est-ce que la Rhétorique nègre au XVIIIe siècle et qu’est-ce que l’Attraction universelle ? Et qui est ce Frère d’âme ? D’ailleurs, Frère d’âme, c’est drôlement beau comme titre. Comment le traduire en anglais ? Frère est Brother, âme est Soul, mais la traduction en anglais du roman de David Diop est At Night All Blood is Black : La nuit tous les sangs sont noirs, titre sublime lui aussi.

Retrouvez ici toute la série des “fous d’histoire”

Deux sensibilités culturelles s’entremêlent dans l’œuvre de David Diop : l’histoire du Sénégal où il a passé son enfance, et l’histoire de la France, son pays de naissance. Spécialiste des représentations des Africains dans le monde européen à travers la littérature du XVIIIe siècle, l’écrivain évoque dans son roman La Porte du voyage sans retour (Seuil, 2021) la figure de Michel Adanson, botaniste parti explorer le Sénégal dans les années 1750, dans un contexte où s’affrontent esclavage et idéaux des Lumières. Le regard porté sur l’esclavage contraste avec ce monde des Lumières qui prône la liberté : “L’amour du philosophe des Lumières Michel Adanson pour une jeune Africaine promise à l’esclavage est une réponse apportée à ce paradoxe”, commente David Diop.
L’histoire franco-sénégalaise se retrouve également dans son roman Frère d’âme, dédié aux tirailleurs sénégalais durant la Grande Guerre, et qui place la question de l’altérité au cœur de sa réflexion.

À réécouter : David Diop : “J’ai appris à vivre avant d’écrire”

Les Masterclasses

1h 00

L’écrivain se nourrit de travaux historiques sans que ceux-ci ne prennent le pas sur sa mémoire affective. David Diop souhaite, par le biais de la littérature, figer le temps pour mieux déceler et comprendre les mentalités et les complexités appartenant au passé. Issues d’un véritable métissage culturel, les œuvres de David Diop sont marquées par ses doubles influences : “Il y a quelque chose de fascinant dans le spectacle des feux de cheminée. Que ce soit au Sénégal comme en France, le feu s’accompagne d’images de fascination et d’odeurs qui appartiennent à chacun des deux pays. Le métissage c’est ça : la possibilité de voir les mêmes éléments, mais en expérimentant des sensations qui appartiennent à l’une et à l’autre culture. Vivre le métissage ne consiste pas à surmonter un antagonisme, c’est vivre une conciliation.”

🎧 Pour en savoir plus, écoutez l’émission…

Notre invité

David Diop est écrivain, maître de conférences en littérature du XVIIIe siècle à l’Université de Pau, spécialiste des représentations européennes de l’Afrique et des Africains au siècle des Lumières.

Bibliographie

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